Je l’ai tant admiré d’en haut
Moi simple gouttelette d'eau.
J' ai tant aimé votre planète
Que ce fut vraiment une fête
Quand l’orage providentiel
Me précipita hors du ciel.

J'ai amerri, tout étourdie
Dans votre canal du midi.
Puis j’ai emprunté vos rivières,
Voyageant partout sans frontières.
Portée  par fleuves,océans,
J'ai découvert les continents.

Mon parcours fut tout d'abord magique
Dans des lieux vraiment féériques,
Mais hélas, le mauvais génie
De ces espaces infinis
Se met à ternir les couleurs
Et vient assombrir mon bonheur.

Des paysages magnifiques
Deviennent presque désertiques.
Comme sous les pas d'Attila
Les prairies ne repoussent pas.

Les sommets de neige éternelle
Voisinent avec les poubelles ,
Et des déchets de toute sorte
Transforment vos mers
En mer morte.

Par les bouches de ses cratères
La terre exhale sa colère
Et déborde d'indignation
Qu'elle répand en inondations.

Toute la nature m'agresse.
Vos forêts même disparaissent.
Je suffoque sous vos poussières.
Je m'asphyxie dans vos rivières.
Aussi j'adresse une prière :
Moi, simple gouttelette d'eau
Je veux m'évaporer là-haut
Pour retrouver au paradis
Ces paysages infinis
Loin de la beauté éphémère
Des paysages de la terre.

 

Jeanine COUGNENC GLAUZY