Il était une fois la mer
Qui, pour mieux courtiser la terre,
Scintillait sous sa robe bleue,
Quelle que soit la couleur des cieux.

Elle aimait jouer les coquettes,
Galonnant de ses vaguelettes
Toute l'étendue de ses plages,
Qu'elle caressait comme un visage.

Très amoureuse de la terre,
Pour la séduire et pour lui plaire,
Sous le soleil et sous la brume
La mer bouillait de blanche écume.

Immuable sous les nuages,
Même les jours de gros orages,
Qu'importait la couleur des cieux
La mer gardait sa robe bleue.

Elle miroitait par tous les temps,
Été, automne, hiver, printemps.
Hélas la terre, indifférente,
Se montrait chaque jour plus aimante,
Plus amoureuse du soleil,
Et s'empressait, dès son réveil,
De se lover dans sa chaleur.
Elle lui offrait même ses fleurs.

Puis, elle l'abandonna pour la lune.
La terre comprit son infortune,
Et devant cette belle volage,
Qui multipliait les outrages,
Elle devint folle de jalousie.

Renonçant à toute fantaisie
Pour mieux se venger de la terre.
Et manifester sa colère
Elle revêtit une chemise
D'une bien triste couleur grise
Annonçant que, dorénavant,
Elle prendrait la couleur du temps.

On s'en aperçoit aujourd'hui,
Les jours où le ciel est tout gris,
Et moi j'en suis très malheureux,
Je regrette sa robe bleue.


Jeanine COUGNENC GLAUZY