Une fleur se croyait fiancée
A un papillon très familier.
Tous les jours il venait voir la fleur,
Posait ses pattes sur son cœur,

L'éventait doucement de ses ailes,
Lui répétait qu'il l'a trouvait belle
En buvant ses larmes de rosée;
Puis, quand il s'était bien reposé,
Chuchotait « au revoir, chère fleur»,
Et s'envolait butiner ailleurs.

La fleur resplendissait, belle et fière,
Mais, de ses racines prisonnière
Elle ignorait que son papillon
Était un coureur de cotillons
Toujours prêt à butiner ailleurs
Entre toutes les plus belles fleurs.
Parfois, sur les pétales d'une rose
Pendant un moment, il se repose
Puis vole parader aussitôt
Sur les cils noirs d'un coquelicot.
Il joue l'éventail avec ses ailes
Pour séduire genêts, asphodèles.

Mais un jour, la fleur a tout appris
Par la meilleure de ses amies.
Triste et déçue, elle a tant pleuré,
Que ses pétales se sont fanés.
Elle s'est effeuillée au petit jour.
La fleur ,aussi,peut mourir d'amour.

 

Jeanine COUGNENC GLAUZY

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