On l'appelait pêcheur de lune.

Il n'aimait pas les nuits trop brunes

Et sortait quand l'astre d'argent

Faisait scintiller l'océan.

Il détestait les hameçons,

Et ne péchait aucun poisson.

 

Il passait son temps à rêver ,

Espérant voir, un soir, arriver,

Dans sa barque, quelque sirène

Qui viendrait adoucir la peine

De sa vie de petit pêcheur,

Pour connaître, enfin, le bonheur.

 

Par une sombre nuit sans lune,

Il est parti, seul, dans la brume,

Et nul ne l'a revu depuis ;

Mais certains affirment qu'il vit

Heureux, au milieu des sirènes,

Et qu'il n'a plus jamais de peine.

 

 

Jeanine COUGNENC GLAUZY         
PecheurDeLune