J'avoue qu'il m'a semblé banal,
Sans intérêt, notre canal.
Je lui ai préfère longtemps
Les eaux sauvages d'un torrent.
Sans remords, j'ai choisi le grand large
L'abandonnant, un peu en marge.
Mais il a su m'apprivoiser.
J'ai appris à le courtiser.
Le Canal est un grand seigneur.
Il respire encore la splendeur
Du temps lointain de sa naissance.
D'un règne de magnificence ;
Il garde les belles manières
Et nous épargne les colères
Les excès d'une inondation ;
Les bruits de la circulation.
Loin des autos, des caravanes,
Il offre ses pins, ses platanes,
Pour le confort des promeneurs,
Des bateliers et des pécheurs.
Silencieux, calme et paisible,
Mais d'un tracé imprévisible,
Il s'étire, à perte de vue ;
Puis soudain,fantasque, il sinue,
Prend le temps de se prélasser
En grandes boucles et lacets.
Très plat,sans côte tortureuse,
Ou descente vertigineuse,
Silencieusement, il musarde.
Pour notre plaisir, il s'attarde
Près d'un relais ou d'une auberge
Qui n'ont jamais quitté ses berges
Depuis le temps des coches d'eau.
On ne trouve plus de chevaux
Le long des chemins de halage
Mais c'est le même paysage,
Immuable, et tout en douceur.
C'est un avant goût du bonheur.
Il coule des saisons tranquilles
Loin des tumultes de la ville.
Il lui préfère les villages.
Il nous offre ses paysages
En ouvrant, tout grand, ses écluses.
Ravis les touristes s'amusent
A le voir changer de niveau,
Pour que progresse les bateaux
De ses matelots du dimanche
Qui glissent, sans bruit, sous les branches,
A l'abri de toute tempête.
Il a su faire ma conquête.
J'aime ses automnes enchanteurs,
Ses feuillages aux chaudes couleurs.
Petit paradis pou touristes,
Il inspire bien des artistes.
Beaucoup de régions nous l'envient.
Nous le devons à ce génie
Qui nous léga cet héritage.
Il mérite bien un hommage.
Son nom, pour vous, n'est pas secret.
Honneur et gloire à PAUL RIQUET.
Multiplié par cet écho
Que lui a offert l'UNESCO.
et je conclue, en vers libres, comme lui :
Malgré le temps
Avide de changement,
Il n'a vraiment
Pas pris de ride,
Sauf, peut-être,
Sous le grand vent.

 

Jeanine COUGNENC GLAUZY

 CanalduMidi