J'ai eu beaucoup de mal
à peindre le canal
et son eau d'un vert
si épais
qu'on pourrait
la couper au couteau.

Aux écluses
il amuse les badauds
quand il change de niveau
pour les chalands.

Toujours lent
et tranquille
il flirte à peine
avec les villes.

Il traîne
dans la plaine
toute la peine
de ceux qui l'ont creusé,
de ceux qu'il a noyés.

Malgré les années,
il n'a pas changé.

Seul dans le paysage
à garder            
le même visage
malgré le temps
avide de changement
il n'a pas une seule ride
sauf, peut-être,
les jours de vent.


Jeanine COUGNENC GLAUZY