Adorable petit enfant
Tu es le pire des tyrans.
On pourrait te croire adorable,
Mais tu te montres détestable
Avec tes malheureux jouets,
Que tu malmènes sans regrets.

Ta poupée, presque nue, grelotte.
Le pompier a perdu ses bottes.
Tu n’as pas su lui conserver
Son camion, sans lui crever
Ses roues, et casser son échelle.
Ton cheval neuf n’a plus de selle.


Ton clown pleure mais tu insistes
Pour qu’il rit, et ne soit plus triste.
Tes jouets sont bien malheureux :
Tu ne sais pas t’occuper d’eux.
Tu es, pour eux, un vrai tyran
Adorable petit enfant.

 

Jeanine COUGNENC GLAUZY