«Je suis sale et nue ;
M'as-tu reconnue ?
Pourtant autrefois
Tu m'aimais,je crois.

Tu me trouvais belle.
Je me le rappelle,
Et tu m'embrassais
Quand tu me berçais.

Tu me disais même
Bien souvent, je t'aime
Tout en m'habillant,
Me déshabillant.

Tu m'as tant lavée
J'en suis délavée.
Tu m'as trop peignée
Et puis...dédaignée
Car tu t'es lassée.

Tu m'as délaissée
Pour une nouvelle
Alors bien plus belle.
Quelle jalousie,
Quand tu l'as choisie !

Puis elle m'a rejoint,
Un jour, dans ce coin
Où tu m'as jetée.
Là, je suis restée
Jusqu'à aujourd'hui,
Triste jour de pluie,
Dans ce grand placard.

Tu as le cafard
Mais tu n'en dis rien.
Je te connais bien :
Tu vois refleurir
Tant de souvenirs
Que moi ta poupée
Je t'ai rapportés.»


Jeanine COUGNENC GLAUZY

 poupee