Tu sais ma dernière bêtise ?
Tu n’as vraiment pas l’air surprise !
J’avais pourtant été discret
Et l’avais gardée en secret.

Avoue–moi donc, par quel mystère
Tu apprends tout, petite mère.
Ton petit doigt te l’a appris ?
J’en suis vraiment, vraiment surpris.

Tu le crois toujours, tu l’écoutes,
Sans émettre le moindre doute ;
Ne le questionne plus, maman :
C’est certain, parfois il te ment.

Une chose est sure, le mien
Ne me raconte jamais rien.
Faut-il avoir un certain age
Pour entendre ses bavardages ?

C’est sur, dès que je serai grand
Je l’interrogerai, maman ,
Ce petit doigt que je déteste
Me dira tous tes faits et gestes.

Tu verras, c’est bien ennuyeux,
Des secrets partagés à deux !
Je t’assure petite mère :
Ton doigt est une vrai commère.

Je t’en supplie, fais-moi plaisir,
Ignore-le à l’avenir.

 


Jeanine COUGNENC GLAUZY

 

un petit doigt menteur